Quand je participe à des festivals de bande dessinée, on me demande souvent si je suis auteur ou illustrateur. Je réponds que je ne suis ni l’un, ni l’autre et qu’il peut y avoir d’autres façons de vivre de sa passion pour la bande dessinée.
Je m’appelle Alain Ayme , je suis québécois d’origine, diplômé en éducation , passionné de bande dessinée et je gagne ma vie, depuis 1999, en présentant, dans les salons du livre de jeunesse et les festivals de bande dessinée, une animation-spectacle pédagogique intitulée « Les Secrets de la BD ».
Les origines des « Secrets de la BD ».

Entre 1989 et 1993, j’étais à la fois co-propriétaire de « La Bande Dessinerie » (une librairie spécialisée en bande dessinée située à Trois-Rivières), étudiant en éducation à l’Université du Québec à Trois-Rivières et animateur d’ateliers de bandes dessinées dans le cadre d’activités périscolaires dans les écoles de la ville de Trois-Rivières et ses alentours.
En 1992, « La Bande Dessinerie » est devenue une librairie agréée (c’est-à-dire, selon la législation québécoise, que nous avions obtenu le droit de vendre aux institutions). Nous avons donc (mon ex-associé et moi) commencé les démarches commerciales pour vendre aux bibliothèques et aux écoles.
La vente aux bibliothèques s’est avérée très facile. Le milieu scolaire, par contre, s’est révélé un véritable terrain de bataille où l’on nous a vus arriver en ennemis. Beaucoup d’enseignants québécois avaient, à l’époque, une image très négative de la bande dessinée.
C’est donc avec des préoccupations à la fois commerciales et culturelles que j’ai entrepris de monter une animation pédagogique destinée à faire découvrir les subtilités et les finesses du neuvième art. Je voulais, entre autres, casser les préjugés.
Comme je venais de passer plusieurs années à étudier la pédagogie à l’Université et à réfléchir sur l’enseignement de la bande dessinée en activité périscolaire, j’avais les outils nécessaires pour réaliser un tel projet.
L’idée des pages géantes à fenêtres et des marionnettes m’est venue au moment où je me penchais sur le problème du mouvement dans la bande dessinée. Pour que le mouvement devienne concret, il fallait qu’il devienne réel. La marionnette devenait alors l’outil idéal. C’est donc autour de ce concept bd-marionnettes que j’ai construit ce qui allait être la première version des « Secrets de la BD ».
La première des « Secrets de la BD » s’est déroulée à la bibliothèque municipale de Trois-Rivières. Un enseignant d’avant-garde m’a ensuite fait venir dans sa classe. Il en a profité pour proposer l’animation aux autres classes de l’école mais les enseignants ont refusé. Ils ont eu peur, m’a-t-il confié, qu’après mon passage, les élèves se mettent à lire de la bande dessinée. Les temps sont devenus dur à Trois-Rivières, le chômage a sévit et les commerces se sont retrouvés en difficultés. Etant de père français, je savais que je pouvais légalement travailler en France. J’ai donc pris la grande décision de quitter la librairie et de quitter mon pays et je suis venu en France avec la folle idée d’y tourner « Les Secrets de la BD »
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